Notre Association

Publié le par AACCE

NOTRE ASSOCIATION L'association des Amis de la CCE est créée en 1990. Elle s'est d'abord donnée pour but de mettre en valeur le remarquable travail que la CCE a accompli durant quarante ans. Puis en 1994, elle élargit ses objectifs pour devenir une association juive laïque progressiste désirant faire entendre une voix ouverte, humaniste et non religieuse. Nous avons organisé de très nombreux débats des colloques, des expositions, des activités récréatives, publié deux ouvrages et un recueil de chansons. Notre publication trimestrielle est adressée à 1200 foyers.
NOS ORIGINES 1943 : Naissance de l'Union des Juifs pour la Résistance et l'Entraide (UJRE) qui regroupe les divers réseaux de Résistance et de sauvetage des enfants juifs. 1945 : L'UJRE crée la Commission de l'Enfance, chargée de récupérer les enfants cachés durant la guerre, d'offrir un foyer aux orphelins dont les parents furent tués dans la Résistance ou déportés, d'aider les familles juives démembrées à éduquer leurs enfants durant les périodes hors scolaires. 1947 : constitution en association Loi 1901 de la Commission Centrale de l'Enfance (CCE). 1988 : Fin des activités pour les enfants de la CCE. de 1945 à 1988 : Plus de 15 000 enfants ont fréquenté les foyers, les patronages, les colonies de vacances et les mouvements des jeunes de la CCE.

Après plusieurs mois de réflexion et de bilan, lors d'un séminaire le 9 juin 2007, le Conseil d'Administration  a mis à jour 5 idées-forces qui constituent dorénavant

LES ORIENTATIONS de l’AACCE
(Association des  Amis de  la Commission Centrale de l'Enfance)

 

Le référent de notre Association demeure la Commission Centrale de l’Enfance (CCE) et le travail éducatif accompli entre 1945 et 1988, auprès de nombreuses générations d’enfants, au travers des foyers, colonies et patronages.Nous voulons faire connaître et valoriser son action ainsi que celle menée par l’AACCE depuis 1990, afin d’éviter toute rupture intergénérationnelle.

Le travail de mémoire : Nous sommes aussi les héritiers d’une Histoire multiséculaire constituée de périodes de paix, de re-constructions et de douleurs dont la plus dramatique fut la Shoah. Celle-ci constitue un élément névralgique de notre questionnement et de notre identité. Passeurs de mémoire, nous voulons lutter contre l’oubli et contre toute forme de négationnisme, sans pour autant nous cantonner aux seules  commémorations ou nous définir dans un projet mortifère. Comme survivants ou descendants de survivants, nous aspirons aussi à construire un projet porteur de devenirs.

La judéité renvoie au sentiment d’identité juive qui nous habite et à la manière dont nous vivons cette identité, y compris au sein du monde non-juif. Elle ne nous coupe pas par conséquent de la société française dans laquelle elle s’insère. A la fois ouverte, culturelle, laïque, la judéité dont nous sommes porteurs et acteurs, se différencie du communautarisme qui génère le repli sur le groupe. Notre inscription dans la sphère juive laïque ne peut être synonyme de fermeture aux autres. Tel est le sens même de la laïcité, au-delà de tout rituel religieux qui ne saurait nous définir. La laïcité porteuse de valeurs est à défendre. Notre judéité est accueillante, non exclusive.

L’humanisme implique le respect des individus et le dialogue avec les autres cultures. Il induit un engagement réel contre les discriminations, quelles qu’elles soient ; le droit à la différence élaboré dans le respect mutuel, constituant une source d’enrichissement. Nous concevons l’humanisme comme source d’épanouissement et d’émancipation afin de permettre aux hommes d’être acteurs de leur propre vie.

Une éthique de gauche : au-delà des valeurs humanistes et laïques qui nous animent, celles-ci doivent voir leur prolongement dans les actes. L’ancrage à gauche signifie que nous ne pouvons être en dehors des mouvements sociaux qui visent au progrès collectif, élément constitutif du progrès individuel dans une société plus équitable.

 

 

LES  GRANDES  DATES  DE  L’HISTOIRE  DE  LA 

COMMISSION  CENTRALE  de  l’ENFANCE

 

 Avril 1943 : La Shoah s’est abattue sur les Juifs de France. La tyrannie, l’horreur, la mort, les enserrent. Pour lutter malgré tout, des groupes de résistants juifs issus de l’émigration se fédèrent à Paris et créent l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide.  Secourir physiquement les enfants est un de leurs objectifs et un autre consiste à redonner espoir aux rescapés. Des êtres magnifiquement déterminés mènent ce combat pour la survie. Cette organisation, principalement dirigée par des juifs communistes, mène un combat politique armé et s’illustre notamment dans le sauvetage d’adultes et d’enfants. Elle sauve ainsi plusieurs centaines de jeunes Juifs menacés de rafle et de déportation.

1944 :  Dès la Libération , ils s’organisent en un grand mouvement juif, laïque, progressiste et créent des foyers pour orphelins ainsi qu’un mouvement de jeunesse.

1945 :  La Commission de l’Enfance voit le jour, auprès de l’UJRE. 

A Montreuil, se fit le premier regroupement d’enfants autour de Sophie Schwartz, Sonia Bianchi, Anna Vilner, Louba et tant d’autres…

 Les premières « maisons » fonctionnent tant bien que mal, gérées par des volontaires, animés d’une opiniâtre ferveur. Les jeunes ont besoin de référents, de structures, de foyers, d’affection… les organisateurs insufflent de l’espérance en un avenir bâti sur des drames. Reconstruire, réparer, donner du sens à la vie…

Dans les faits, la CCE ne « tricotait »-elle pas déjà la « résilience », grâce à ses « tuteurs de développement » comme dit Boris Cyrulnik ?

Mois après mois, des lieux s’ouvrent… Andrésy, Le Raincy, Livry-Gargan, Aix-les Bains…

1947 : La Commission Centrale de l’Enfance se structure en Association et offre à des centaines d’enfants une existence où l’amour, la transmission de certaines valeurs, comptent autant que les besoins primaires.

Des êtres eux-mêmes meurtris, prennent en charge ces jeunes et veulent leur rendre le goût et des raisons de vivre. « On ne dira jamais assez ce qu’ont été toutes ces femmes, tous ces hommes, ces militants, à quel point ils étaient dévoués ! C’était difficile, angoissant. Il fallait être fort, généreux. Ils agissaient, ne se posaient pas de questions, il fallait que ça tienne ! » (D.Darès)

750 enfants séjournent quelques semaines dans ces « Maisons », plus de 350 y demeurent plusieurs mois ou plusieurs années.

Des actions de solidarité sont entreprises par ailleurs, en faveur d’une population juive diminuée, souvent sans abri, sans travail. Le Dispensaire est créé, une aide sociale aux familles fonctionne.

De 1945 à 1963 les « patros » d’arrondissements se développent dans tout Paris et certaines années plus de 500 enfants sont accueillis. Les familles sont soulagées, le jeudi, le dimanche… les enfants bénéficient d’un encadrement créant de multiples activités : kermesses, spectacles, commémorations, manifestations, fêtes…

De 1945 à 1988 les « colos » voient passer environ 15000 enfants à Andrésy, Aix, Tarnos, au Château du Roc… Jeux, activités manuelles, sports, chants, danses, spectacles, cours de yiddish, discussions autour de l’histoire juive, de la Résistance , ponctuent le quotidien, en conformité avec les valeurs propres à l’UJRE : le respect, la santé, l’éducation, le combat pour la paix et contre le racisme, la fraternité entre les peuples, la commémoration des fêtes juives, etc…

Les moniteurs porteurs du « projet éducatif » sont choisis de préférence parmi les anciens

ayant fréquenté les colonies. Louba, la « bâtisseuse » dirige les activités avec le « groupe Direction » et forme les cadres. Anna Vilner est moins visible, elle est plus politique. Elle récolte les fonds, inlassablement. Dans des grandes villes, la CCE organise des spectacles, collecte sans cesse grâce à ses militants. Les kermesses de l’Hôtel Moderne, place de la République, sont le rendez-vous convivial de la vente et de la culture et des personnalités participent aux appels financiers indispensables.

Anna fait un long séjour en Afrique du Sud et revient avec beaucoup d’argent. Ce voyage restera dans les mémoires des acteurs de la CCE …

C’est l’ère des lendemains qui chantent, l’enthousiasme domine, le climat est chaleureux, les erreurs sont inévitables, les désaccords existent, les sensibilités divergent.

1963 : achat du Château du Roc

1967 : la guerre des Six Jours au Proche-Orient crée des secousses telles que certains s’éloignent de la CCE et qu’une importante partie de l’Amicale des Anciens des Foyers rompra avec le « 14 ».

En 1968 une rupture intervient avec la dernière génération de moniteurs formés à la CCE. Ils ont préféré partir plutôt que de refuser « de faire de la politique ».

1988 : c’est la triste année de la mort de Louba et de la dernière colo.

 

L’existence de la CCE est ininterrompue, intégrant les élans et  les erreurs  politiques d’un moment historique.  Les orientations différentes ne doivent pas faire oublier l’essentiel et ce qui a été accompli. Pour beaucoup, la CCE a été une passerelle entre le cauchemar et la renaissance. Ils ont saisi la chance offerte avec dignité par ce substitut familial.

Son histoire reste à écrire et ses Amis, ses héritiers se sont donné pour but de mettre en

valeur son travail.

 

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Bursztejn Monique 06/11/2015 13:39

Je suis une enfant qui a (un peu) grandi, avec l'aide de l'UJRE/CCE et surtout Louba après la guerre, au 14 rue Paradis.J'ai moi-même envoyé mes enfants à Celles sur Plaine et le Château du Roc avec Blanche Prager. J'ai fait mon Alya et j'habite à Jérusalem depuis presque 20 ans.La CCE fut pour moi (j'avais 6 ans) un havre de tendresse et de quiétude qui me fournirent ce que je ne pouvais trouver ailleurs et grâce auquel je pus "tenir". Le fondement essentiel de mon identité juive retrouvée me fut donné grâce à la CCE.Aujourd'hui, je ne suis pas étonnée de votre rupture interne, malheureusement vous passez comme beaucoup d'autres par ignorance et cécité à côté de ce que vous pourriez entendre et apprendre de moi/autres avant que nous soyons partis sans retour...