ZAMOSC (Zamostie, Zamush, Zamoshtsh, Zamet)

Publié le par AACCE

Zamosc est le nom d’une province de Pologne orientale et aussi celui de sa ville principale.  Cette province est divisée en quatre zones : Zamosc, Tomaszow Lubelski, Hrubieszow et Bilgoraj, qui avant la Seconde Guerre mondiale comptaient 510.000 habitants : 390.000 Polonais et 120.000 Ukrainiens. 60.000 d’entre eux étaient juifs, représentaient  51% de la population urbaine de la région et dans certains cas, plus des deux tiers de l’ensemble des habitants de certaines villes.

 

La communauté juive de Zamosc fut fondée en 1588 par des Sépharades, venus de la ville de Lwow et 50 ans après, ils sont plus nombreux que les Ashkénazes. Bien plus tard, Zamosc sera un centre du mouvement juif de la « Haskalah » - Les Lumières - et comptera quelques célébrités comme l’auteur I. L. Peretz, le fondateur de l’Espéranto Zamenhoff, la socialiste révolutionnaire Rosa Luxembourg, le futur résistant français Joseph Epstein… et même Moshè Zalcman (Histoire véridique de Moshé, ouvrier juif et communiste au temps de Staline). En 1939, sur une population totale de 28.873 habitants, 12.531, soit 43%, sont juifs.

- Le 14 septembre 39, l’armée allemande s’empare de Zamosc ; des Juifs sont enrôlés immédiatement pour le travail forcé et leurs biens pillés. Les Allemands leur imposent une contribution de 100.000 zlotys.

- Début décembre, la Gestapo ordonne la formation d’un « Judenrat ». Son premier président, Ben-Zion Lubliner est remplacé en janvier 1940 par Mieczyslaw Garfinkel, un avocat bien connu avant la guerre et issu d’une famille assimilée. Le Judenrat est forcé de procéder à un recensement des Juifs de la ville. Beaucoup ont suivi le retrait de l’Armée Rouge mais il en reste entre 7.et 8.000. S’ajoutent les Juifs expulsés du Warthegau et d’ailleurs, réfugiés à  Zamosc. Les premiers édits restrictifs sont appliqués : interdiction d’utiliser des véhicules, obligation de porter l’étoile jaune.

- En juin 1940, le Judenrat est chargé d’enregistrer tous les Juifs de 14 à 60 ans pour le travail. Des groupes d’ouvriers sont envoyés dans divers camps à Zamosc et dans la région de Lublin comme Wysokie, Bialobrzegi, Janowce et Kawaler ou les ruines de l’ancienne redoute russe de Zamosc. Un groupe est envoyé à Belzec pour fortifier la Ligne Otto entre la Pologne allemande et la Pologne soviétique par la construction de fossés antichars. Un grand camp de travail est établi Izbica.

- En 1941, avant l’invasion de l’Union Soviétique, la Bauleitung de la Luftwaffe commence à construire des terrains d’aviation à Mokre et Labunie. Des camps de travail sont installés auxquels sont affectés des groupes de Juifs du ghetto de Zamosc. Le nombre d’ouvriers juifs sera même augmenté en 42. Le camp de Labunie sera finalement liquidé en 43 avec tous les ouvriers.

- Août 42, les déportations reprennent avec la participation des S.S de l’Aktion Reinhard. A leur tête, le redoutable Amon Göth, futur commandant du camp de concentration de Plaszow à Cracovie. Comme antérieurement, tous les Juifs sont censés se rassembler sur la place du marché. Beaucoup de personnes se rendent compte de ce que cela signifie : la mort à Belzec et tentent de se cacher. Sur les 2.000 personnes sélectionnées, seules 250 se présentent. Aussi, les SS arrêtent-ils 100 personnes des camps de travail, pour la première fois des membres du Judenrat et leurs familles. Garfinkel tente de négocier avec Göth. Le S.S obtient 30.000 zlotys, 1 kilo de café et 1 kilo de thé, présentés dans une élégante valise ! Pas de départ pour Belzec mais au camp de Majdanek.

De nombreux Juifs sont tués sur place comme l’avocat Julien Goldstein, membre du Judenrat, son épouse et sa fille. Refusant d’être déportés, ils demandent à l’un des S.S les plus cruels, Hans Pienkowski, de les exécuter.

Les déportations continuent jusqu’en septembre.

- Les 300 derniers Juifs du ghetto de Zamosc, restés sur place, sont tués en mars 43. La plupart des camps de travail restant autour de la ville sont démantelés en mai et le millier de travailleurs juifs envoyé à Majdanek. Parmi eux, Mordechaj Sztrygler qui survivra et témoignera du destin des derniers Juifs de Zamosc.

- Après la guerre, environ 300 Juifs reviennent, la plupart d’Union Soviétique. Ils ne sont pas bien accueillis ; au moins deux d’entre eux sont assassinés par les antisémites polonais et la plupart repartent.

- En 1947, seuls 7 Juifs vivent à Zamosc.

                                                                                                                                          Loulou

 

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