ÉVÈNEMENT POUR NOTRE MÉMOIRE

Publié le par AACCE

Le Lundi 27Janvier 2014 à 15h00

au 14 rue de Paradis 75010


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L'AACCE s'associe à l’UJRE pour vous inviter à la projection en présence de Paulette Sarcey, de ces rushes inédits.

Inscription indispensable par courriel (ujre-contact@orange.fr) ou par téléphone 01 47 70 62 16.

Paulette Sarcey, un témoignage précieux par Laura Laufer

 

Événement au Carré Baudouin le 11 décembre dernier, en présence de Paulette Sarcey : la projection intégrale des rushe de son entretien avec Jean-Patrick Lebel (2h45). On n’en connaissait seulement la partie consacrée à Drancy, Cité de la muette, un film de 90 min.
Paulette plonge dans sa mémoire pour nous raconter de manière détaillée son engagement dans la M.O.I (Main d'œuvre immigrée) en tant que jeune juive communiste, l'arrestation du groupe Krasucki-Rayski, Drancy, le voyage et l'arrivée à Auschwitz, la marche de la mort vers Ravensbrück, la faim dans ce camp où il n’y a rien à manger, l'arrivée des Soviétiques, la rencontre des Américains et des Soviétiques sur l'Elbe. Vingt ans plus tard, Paulette assiste à Frankfort, en tant qu’auditrice accréditée par la Fédération Internationale des Résistants, à ce qu’elle appelle une mascarade du procès des bourreaux.
Elle témoigne aussi du dur retour à la vie : le combat de nombreux déportés pour se réinsérer socialement, réapprendre à manger et apprendre à vivre avec la mémoire et les cauchemars.

Paulette décrit avec une extrême précision l’organisation industrielle du camp d’Auschwitz, mais surtout l'organisation de la Résistance et celle des femmes au sein même du camp : prendre la décision avec un camarade médecin de déclarer un bébé non viable pour le soustraire aux mains de Mengele et lui éviter la chambre à gaz ainsi qu’à sa mère, sabotage dans le travail au bloc du Kanada (bloc de triage des effets des déportés), organisation du dyna- mitage du Krematorium IV où les femmes fournirent les explosifs aux hommes du Sonderkommando*, fourniture d’une lame de rasoir à Mala qui l’avait demandée, choisissant elle-même sa mort pour éviter le spectacle de sa pendaison que les nazis voulaient organiser devant tout le camp...

À la photo, Dominique Chapuis – opérateur de Lanzmann pour Shoah – filme ce témoignage presque en un seul plan-séquence de 2 h. 45 minutes. Quand l'intensité de son témoignage devient trop forte, Paulette choisit de fumer systématiquement, d'où quelques rares interruptions dans la prise (montage Christiane Lack). Le résultat est un témoignage parmi les plus précis, intense et rigoureux qu'il soit donné de voir sur ce sujet.

Paulette ne cesse de nous dire que pour elle et ses amies, l'acte de tenir, de survivre et de résister au sein de l'enfer était motivé par l'impératif de revenir et vivre pour dire, raconter, témoigner de la monstruosité de la barbarie, de la valeur de la paix et de la liberté et de l'exi- gence du "Plus jamais ça !".

Raison de plus pour éditer et montrer le film dans son intégralité alors que dans le monde les périls du pire menacent encore aujourd'hui l'humanité.

* À lire : Schlomo Venezia, Sonderkommando, dans l'enfer des chambres à gaz, préf. Simone Veil, 2007, Éd. Albin Michel, 264 p., 19.80 €

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