Le débat à ne pas manquer

Publié le par AACCE

RAPPEL de notre rencontre-débat 

VENDREDI 12 MARS à 20h
au 14 rue de Paradis 75010
Esc. C au fond de la cour - 1er étage


avec Michel DREYFUS, auteur de
  
L’Antisémitisme à gauche

Histoire d’un paradoxe, de 1830 à nos jours

Editeur : La Découverte
Critique parue sur sur le site Evène par Elie Guedj

L’antisémitisme est un mal qui mute pour persister. Les ouvrages à ce sujet ne manquent pas (l’oeuvre de Poliakov en témoigne). Il semble aujourd’hui avec l’exacerbation du conflit au Moyen-Orient que ce racisme ait retrouvé de sa verdeur, non plus dans les habituels rangs de l’extrême droite mais à sa gauche. Sentiment légitime ou interprétation calomnieuse ?
L’intérêt du livre de Dreyfus se situe ainsi, loin d’une motivation purement universitaire, dans cet ancrage pertinent avec l’actualité. En interrogeant l’histoire de l’antisémitisme à gauche, Michel Dreyfus a voulu mettre à l’épreuve - des faits, des chiffres et de l’analyse objective - la véracité de ces graves accusations. A la fois en dedans et au dehors, l’auteur tourne la tête pour juger avec la distance et le recul nécessaires sans jamais déconsidérer les éléments et les réactions, car le symptôme est polymorphe et ses noms caractérisent très souvent, avec une redoutable précision, ses ignobles justifications.
Ainsi, loin d’être génitrice de tel ou tel antisémitisme, la gauche en userait plutôt de manière parcellaire et conjoncturelle en piochant dans la diatribe de la droite radicale. A l’opposé de l’unilatéralisme et de la radicalité d’un BHL (‘Idéologie française’), Dreyfus relativise, sans pour autant excuser, la responsabilité créatrice de la gauche. Il ne ferme pas non plus les yeux sur la persistance et l’historicité de ce mal. Il refuse juste, au risque de contrarier un certain nombre d’intellectuels ou d’institutions communautaires, de sombrer dans une diabolisation aisée, un essentialisme politique illégitime ou une interprétation paresseuse des affaires récurrentes touchant à l’antisémitisme. Sans se dérober, l’auteur réfléchit par exemple aux accusations portées contre Siné, Edgard Morin ou Boniface avec partialité, loin du brouhaha contraint par les passions et les ressentiments. Un livre d’une grande audace, autant pour sa qualité que son engagement.

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