Théâtre..... précisions

Publié le par AACCE

Jusqu'au 26 mai prochain, le Théâtre de la Villette (Parc de la Villette 211 avenue Jean Jaurès Paris 19me) propose Une Mouette (d'après Anton Tchekhov) mise en scène et jouée par Isabelle Lafon  ...

lun, mer, sam 19h30
mar, jeu, ven 21h
relâche exceptionnelle lundi 21 mai
durée 50 min

RESERVATION : 01 40 03 72 23
resa@theatre-paris-villette.com
10 € pour les habitants du 19ème, les plus de 60 ans et 6€ pour le carnet Paris-Villette


Le spectacle a eu de très bonnes critiques du Monde, de Télérama .... 

 

UNE MOUETTE
ISABELLE LAFON / ANTON TCHEKHOV

mouette.jpgTu vas rentrer dans la salle et tu verras un théâtre nu.... C'est ce que souhaitait Treplev pour la représentation de sa pièce, cette représentation qui ouvre La Mouette de Tchekhov.
Onze personnages. Tu ne verras pas onze acteurs.
Tu verras cinq femmes, là, devant toi. Elles vont se laisser emporter par
La Mouette... s'emparant de tous les rôles. Liszt a transcrit les symphonies de Beethoven pour piano seul. Tu ne peux avoir le même effet qu'avec tous les instruments mais tu entends différemment. Comme au cœur de chacune des notes.
La pièce est amaigrie, comme Nina à la fin de l'acte quatre, mais « ses yeux sont plus grands».
Tu vas te perdre un peu dans les noms, les personnages... Ça parle d'amour beaucoup, de théâtre beaucoup, et si l'on ne se perd pas dans l'amour et le théâtre, où veux-tu que l'on se perde ?
La musique s'approchera de toi. L'histoire s'approchera de toi dans cet abri théâtre ou dans le théâtre comme dernier abri. Tu fais partie de la pièce.


Isabelle Lafon



Création
d'après La Mouette de Anton Tchekhov, mise en scène Isabelle Lafon, avec Johanna Korthals Altes, Norah Krief, Isabelle Lafon, Gilberte de Poncheville et Judith Perillat, lumières Marion Hewlett et Patrice Lechevallier, assistant à la mise en scène Sylvain Gagnier, administration de production Daniel Schémann.


En russe il n'y a pas d'article ni défini, ni indéfini.. La ? Une ?
Et ce qui me touche dans cette pièce, encore une fois, c'est l'endroit où le théâtre apparaît, sans crier gare. Bien sûr, a priori, une pièce de théâtre est faite pour le théâtre. Pour moi, rien n'est fait pour... La question du théâtre se pose toujours et
La Mouette la pose tout le temps, magnifiquement, intimement, librement... et pousse très loin l'idée de la représentation. Ce nerf là.

La pièce transpire à chaque moment la question du théâtre, la pose tout le temps magnifiquement, intimement, librement et pousse très loin l'idée de la représentation. Qu'est-ce qu'on représente... ou pas ? Qu'est-ce qui se représente... ou pas ? Comment se représente-t-on... jusqu'à en mourir ? Le titre de la pièce,
la Mouette, est la signature de Nina. C'est ce même mot qu'elle utilise pour signer ses lettres (celles qu'elle a envoyées à Treplev), pour se re-présenter.
Nous ne sommes pas onze acteurs mais cinq actrices. Ces cinq femmes-là vont être emportées, saisies, troublées, par cette pièce qu'elles doivent jouer, même si les autres sont absents ou, on peut le supposer, disparus. En tout cas elles joueront cette pièce coûte que coûte. Dans un abri théâtre ou plutôt le théâtre comme dernier abri.
Je ne prétends pas apporter une nouvelle lecture de
la Mouette, juste la déplacer un peu. L'intime, le trouble provoqué par cinq femmes obligées de tout jouer, c'est cela qui m'intéresse. Comme si cette contrainte et ce parti pris nous obligeaient à saisir la pièce dans son air, sa palpitation, son tremblement.
Le texte est plus ramassé, plus court que la version « normale ». Mais tous les rôles seront là.
Partir pleinement des actrices, conduit à une certaine façon de travailler. Nous partons du plateau nu. Les lumières construisent notre abri et nos zones d'ombre. Que cachons-nous ? Que montrons-nous ? Comme s'il s'agissait de se dépouiller, pour retrouver les lignes fortes de cette pièce magnifique, celles que nous avons oubliées, croyant trop bien la connaître.

Entendre
La Mouette plus que l'écouter. Juste entendre autrement. Désembourber la pièce de son imagerie. Rendre à ce drôle d'oiseau sa liberté. Tant pis s'il nous échappe.

Isabelle Lafon

Publié dans aacce

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article